INTIMITéS
Une fois n'est pas coutume, je me dévoile...
Un peu.
J'avoue mal supporter les confinements successifs, et les maigres cours que j'ai pu faire en visio n’ont pas étanché ma soif d'interaction intellectuelle et humaine.
J'ai passé le premier confinement avec Gloria. La cohabitation d’abord douce a vite dérapé : mettez deux chats sauvages dans la même cage et attendez que les étincelles fusent… J'ai passé le second seule dans mon coquet appartement, à regretter de ne pas avoir de chat, justement.
Je suis au carrefour de ma vie, comme beaucoup de gens dans ce contexte sanitaire qui précarise tout et chacun. Je suis en pleine remise en question de ma vie en général, et de ma vie professionnelle, en particulier. Chargée de cours depuis plusieurs années, mon poste a peu de perspectives d’évolution, Je n’ai en charge qu’un cours d’introduction à la psychanalyse, et je sens même que dans le contexte actuel, je suis potentiellement sur la sellette… Et que je m'ennuie affreusement! Je n'ai pas de projet de recherche actuellement, ça fait presque deux mois que j'ai terminé la co-écriture de l'essais sur Le rêve psychédélique et ses révélations. Il me faut renouveler ma pratique pour me sentir utile. J'ai bien dans l’idée d’ouvrir mon propre cabinet de psychanalyse, mais les loyers sont chers sur Paris, je ne vous apprend rien. Je réfléchis aussi aux moyens de conjuguer mes deux passions la psychanalyse et l’art, depuis un petit moment...
Dans le cadre de mon cours d’Introduction à la psychanalyse donné à l’Université, j' imagine initier une démarche pédagogique innovante.
À partir d’une réflexion sur la faisabilité d’un projet d’enseignement de la psychanalyse, déjà interrogée en son temps par Freud (1919), se dégage une perspective selon laquelle l’approche de la psychanalyse à l’Université (comme théorie, comme méthode, et, dans une moindre mesure comme pratique) gagne à prendre appui sur la rencontre et l’analyse du processus de création. Ainsi, cette démarche pédagogique s’inscrit dans le prolongement de l’intuition freudienne selon laquelle la rencontre avec des œuvres de création (Freud, 1906) constitue une voie propice pour l’appréhension et l’appropriation des principaux concepts psychanalytiques. Pour l’avoir expérimenté dans ma vie privée je suis convaincue du bien fondé de cette idée. Mais il me faut plus de matière, et surtout du neuf !
Ce travail de recherche devra permettre à mes étudiants , par la suite, d’entrevoir les indices de la participation d’une des trois principales formes de travail psychique que sont le travail du rêve, le travail du deuil et le travail du jeu au processus de création (à partir des travaux de Anzieu, 1981) et, à partir de là, de leur permettre une première rencontre avec les concepts de base de la psychanalyse.
J'ai travaillé, il y a quelques temps maintenant, avec une art thérapeute de génie, qui était mon amie, aussi, ainsi que celle d'Emmanuel... J'en ai un souvenir ému. Cœur des Cévennes, je la regardais ne rien faire avec magie. Elle menait les ateliers, je faisais papier peint le plus possible et j'apprenais avec délectation du Maître.
J'envisage de la contacter pour lui parler de cette idée en germe...

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